Je vous mets les résultats de l'ULTRA RAID de la MEIJE
que BERTRAND et moi avons fait.
FRANCKY 37 ème en 12h38mn
BERTRAND 43 " " 12h53mn
sur 150 participants au RAID ULTRA mais avec seulement 90 classés.
la vidéo
Pour ma part j'ai passé un bon moment de tirage de bourre avec lui car je pense que s'il n'avait pas été là, pour que j'essai de le distancer, je n'aurais pas fait cette place surtout dans les longs portages du dimanche, car quand il fait un pas moi j'en fait trois donc j'ai passé mon temps à trottiner derrière lui dans les portages et faire des séances de fractionnés à 2000 m d'altitude et cela a fini par m'user. Conséquence, j'ai fait comme lui la veille, je me suis trompé de parcours et logiquement il finit devant moi sur la course du dimanche malgré mes efforts pour revenir, j'ai quand même limité la casse il ne me met que 9 minutes ouf. Heureusement j'avais un peu plus d'avance pour le général, d'où ma place.
Maintenant je vous mets le beau résumé de MISTER BERTRAND qui l'a écrit cette nuit, il a du refaire la course comme moi cette nuit, mais de là à dire on remet ça, on verra.
A+ francky
On a fait une belle partie d’élastique.
Vendredi, direction La Grave La Meije pour nous lancer sur notre premier ULTRA.
Mais c’est quoi un ULTRA ? Oh juste 2 jours de vélo à bloc, avec plus de dénivelé qu’aurait connu un garçon d’ascenseur durant toute sa carrière.
On pose nos sacs et notre barda dans l’après midi, en s’assurant bien auprès de la tenancière de notre chambre à coucher que l’on va pourvoir récupérer nos montures le lendemain matin à 04h30…
La plaque est collée sur le cintre, il n’y a plus qu’à…. Démarrer une séance de fille, à savoir vite ton sac et refais le, histoire de savoir ce que tu as dedans.
Un change, 2 changes, et 2 paires de gant plus tard, histoire de ne pas se geler les arpions, on est fin prêts.
Sauf que voilà, il pleut dru et que la température n’excède pas 8°c et que demain, on annonce chute de neige et pluie. Youpi.
Défais le sac et refais le, histoire de rajouter une capote en plastique, et une paire de gants de mi saison, limite hiver profond.
03h30, pas besoin de réveil, j’entends Tonton Francky qui se tourne et se retourne dans son lit. Ni lui, ni moi ne dormons, et comme dirait Dutronc, à l’heure où les travestis vont se rhabiller, nous on enfile cuissard, veste, surchaussures, T shirt thermique, et on se badigeonne de crème chauffante. Enfin chacun pour soi, vous aurez compris.
04h45, on est fin prêt, on sonne sur la sonnette marquée « veilleur » histoire de récupérer nos montures et que l’on nous fille la clé du cabanon à vélo.
« Allo Houston on a un problème », le veilleur veille son oreiller, et nous on cherche une solution pour récupérer nos vélos, elle part bien cette journée, il pleut, il fait entre 2 et 3 degrés et les vélos sont au chaud.
Il m’aura fallu 2 coups d’épaules pour venir à bout de la porte en bois. La patronne m’avait dit que le parc à vélos était hyper sécurisé, aucun problème.
Tu parles, nos 2 BH ont dormi à la merci de 2 malheureux coups d’épaule, j’en frissonne encore.
Départ fixé à 06h0 à Villar d’Arène 3 km plus haut en remontant le Lautaret.
500 crétins avec frontale et cuissard moulant sont au départ, ça démarre donc fort, façon descente au flambeau, sauf que là ça monte sévère, on se croirait sur le périph’ Parisien un dimanche soir, mais à la différence qu’il n’y a pas un mot, juste des gugus qui respirent.
Et ça monte, sévère même, pour rejoindre par le chemin le col du Lautaret
Comme on est nombreux, ça roule un peu au dessus de ses pompes, je sens mon cœur qui bat un poil trop fort pour tenir ce rythme pendant les 70 bornes qui nous attendent.
Un seul mot : gérer, manger boire, et rouler, il pèle grave, il pleut, pourtant je suis en nage, mélange d’excitation, d ‘effort et de peur.
En haut du Lautaret, on fait le bilan, le peloton de gugus s’étire doucement, premier ravito, je chope une banane, que je coince en travers de ma bouche, et enquille la descente, je garderai la banane jusqu’en bas, impossible de la ranger, impossible de l’ouvrir.
On attaque la seconde bosse, je retrouve mon Francky, et là va commencer la partie d’élastique qui va durer une grosse partie de la journée, un coup devant, un coup derrière, on se suit sans s’affoler.
On enchaine les bosses, sous une pluie fine qui pénètre partout.
Tiens si je regardais mon compteur, cela fait maintenant 3h30 que l’on roule, on devrait être pas trop loin de la fin.
Alors là, si vous ne savez pas ce que c’est un coup au moral, là j’en prends un, et un sévère, on a fait 25 bornes, même pas la moitié, ça glisse que ça n’en peut plus, on roule dans des espèces de champs de patates défoncés.
Oublie le compteur, enquille une descente de plus, façon Fantasia, met un pied, puis mets l’autre, puis enlève tout, et finit dans le fourret.
Manque de bol, alors que je viens de me bourrer, je prends un vélo de plein fouet, et pas le mien, le guidon du vélo en question arrive pile polie dans l’aine.
La sanction est immédiate, une violente douleur me lance une crampe dans toute la jambe gauche. J’étale tout sur un coin de table, compte mes morceaux et m’étire.
Repartir, c’est le seul verbe que je connaisse. Une fin des descente appelle une remontée, et celle là, va me faire très mal, alors que jusque là, j’étais plus ou moins accroché à Francky, je l’ai perdu.
Mon cerveau passe par plusieurs états : T’as mal, tu vas abandonner, tu as des crampes, tu vas te poser sur le côté et te reposer.
Et je me parle tel Golum dans le Seigneur des Anneaux : NNNOOOONNNN, il faut finir le Précieux. On ne peut pas abandonner.
Le compteur m’indique 43 kms, je respire un peu, on s’enquille une descente et là d’un coup, je cherche les marques. Il n’y a plus un concurrent avec moi depuis un moment.
Ha, sa mère la naine, plus de fanions rose, plus rien. Je jardine, comme on dit dans le jargon des raideurs, je retrouve une marque de peinture, je la suis.
J’arrive dans un village, marque de peinture à nouveau mais pas de rubalise, je tourne et je vire, croise un papy qui m dit que non pas de course ici.
Je viens de m’enquiller 2 bornes en descente pour rien, je les remonte, tombe sur une pisteuse hyper sympa qui m’a vu me planter et venait à ma rencontre, me remet sur le bon chemin, je me maudis.
Comme dirai ma Grand Mère : Il faut garder espoir, alors je relève la tête et remets une couche.
Remettre une couche, c’est vite dit, j’essaie de remettre une dent. Mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas, le petit plateau et le grand pignon sont les seuls à bosser depuis ce matin.
Dernier ravito, dernier portage, et je peux vous dire que celui là fait très mal, pour enquiller la dernière descente.
Une dernière descente façon enduro du Mercantour format 2009, avec épingles, contre épingle, épingle à nourrice, épingle de sureté et j’en passe et des meilleurs.
Le trail, ça sert en vélo ? Oui dans ce genre de descente où tu vas plus vte en courant qu’en vélo.
06h37, pour 60 bornes aujourd’hui.
Quand je pointe à l’arrivée, Francky vient de finir de laver son vélo, je suis dégoutté de mettre paumé et de perdre 30 minutes.
On pose tout on fait les totaux:
- 41ème au scratch pou Francky en 06h07 et 61 ème pour moi en 06h37 sur un peu plus de 300 au départ.
Demain on verra plus clair.
Avant d’arriver à demain, séance révision de vélo, puis révision du bonhomme.
La baignoire se transforme en zone de cryothérapie, vas y quelle se remplie d’eau froide, puis d’eau chaude, puis d’eau froide à nouveau.
Quand à l’état de la chambre, cela ressemble à un mix de chambre étudiant, garage, chambre d’hôtel, un grand bordelium à peu près organisé où règne un odeur de chien mouillé et où au milieu on a rajouté 2 vélos, pas question d’enfoncer la porte une seconde fois demain matin.
C’est avec un démonte pneus, un palan et 20 kg de graisse qu’il faut nous sortir du lit.
Premier truc regarder par la fenêtre :
Bon point, il ne pleut plus, mauvais point : la neige est basse très basse même.
Départ fixé à 09h00, on y est.
On vient de regarder le scratch de la veille avec Tonton Francky, à la vue du résultat, on retourne à la voiture alléger les sacs.
On vire les rechanges, on vire un bidon, on enlève les kilos en trop histoire de ne pas perdre de place.
Ce matin ça part très fort, on a pas fait 1 kilomètre que le portage nous attend.
Et c’est là que l’élastique est reparti.
Je suis sur les traces de Francky, dès que ça porte, je m’échappe devant, et dès que ça roule, on se recolle façon super glue.
La grimpette sur le plateau d’Emparis est superbe, une vue à couper le souffle, un froid à vous la couper tout court. Il neige, il ne manquait plus que cela.
Pour y grimper sur ce plateau, on s’enfile en guise de petit déjeuner 2 heures de portage.
Là, j’ai fait le trou, je savais que je lui collerai une mine à la montée, et qu’à la descente vexé comme un poux, il me reprendrait.
Là haut, il caille sévère, début de descente dans 5 à 10 cm de neige, à travers champs à fond pour moi, en mode supersonique pour Francky.
Il me reprend à mi descente, une descente qui s’envoie comme une boule de flipper, longue, avec des virages de dingues et de l’appui, mieux qu’avec une canne.
Au ravito du bas, Je retrouve Francky qui fait le plein de topette.
Oui, depuis hier il charge le sac avec des anti oxydant Overstim’s saveur pomme qui sont offertes au ravito… Explication : Il faut rembourser les frais d’inscription. Soit.
On remonte, 7 kilomètres longs comme un jour sans pain, mon fessier ne veut plus se mettre sur la selle, il me fait mal, j’ai les reins qui ne sont pas mieux mais Dieu est grand, pas de crampes.
Elastique toujours, je m’accroche à la montée, et j’arrive juste au ravito que Francky repart et me dit : Aller à tout à l’heure.
Cette phrase, je vais me la répéter pendant le temps qu’il reste.
On traverse une steppe où il faut rouler, pousser, et pousser, rouler le vélo.
A ce jeu là, je recolle Francky, et passe devant.
Je reprends ceux qui m’avaient déposés dans la montée, yes, ça me booste, je remets une couche, j’ai le profil en tête et je sais que l’on va finir par descendre et pas de remontée derrière.
Je me retourne, et là l’élastique à pété, comme hier mais dans l’autre sens, je ne vois plus mon mentor, j’ai perdu mon maitre, mon ami, mon copain, le gars avec qui j’adore cet esprit de compétition et avec qui je rigole depuis 2 jours en transpirant comme une bête.
Mon cerveau me dit que pour une fois si il doit me reprendre ce sera dans la descente.
Alors au final, je termine ces 52 bornes en 06h17, j’ai le temps de laver mon vélo avant d’entendre que le dossard 300 vient d’en terminer.
Mon Francky est défait, la tête des mauvais jours, comme je me doutais, il a pris tous les risques pour me reprendre en descendant, mais il s’est égaré sur le plateau, façon moi hier.
Mais, on est là, on est biens.
Je devais venir tout seul, je ne remercierai jamais assez Francky d’être venu avec moi.
Quelle belle partie de pédale, sans mauvais jeu de mots, un truc qui vous soude à vie, mieux que n’importe quelle colle, et des souvenirs qui ressortiront plus tard sur d’autres courses, façon vieux : Ha tu te souviens à La Meije ?
Bertrand de BIASI
bientôt la vidéo de notre périple mais il est en cours de montage
PATIENNCE
Ajouté le 20/09/2016 par Bertrand & Francky - 0 réaction


