Bonjour à tous
Comme promis, je vous mets le résumé de l’EPIC ENDURO 2019.

4H30 départ de la liaison 1(L1) sous la pluie, je monte tranquille pour chauffer la machine, au bout de 20 mn contrairement à l’année dernière, je me mets à doubler du monde, coool les sensations sont là.
- SPÉ 1 (de nuit)
J’allume la super lumière que notre President préféré m'a prêté.
Top s’est parti les premiers mètres je roule prudemment, au bout de 100m je rattrape un mec, puis 2, puis 3 jusqu’à 20, entre ceux qui sont dans le fossé et ceux qui descendent à leur rythme ça en fait du monde à doubler, surtout que le terrain est très glissant et avec beaucoup de dévers. J’ai toujours de bonnes sensations donc j’attaque pour enfin arriver sans fosse note en bas en 13mn11s.
L2, on remonte par un chemin forestier pentu et glissant environ 45 mn pour rejoindre un DFCI qui nous amène sur la SPÉ 2, qui est dans le même style de descente que la une mais en plus court, toujours de nuit et sous la pluie, soyons fous, j’en termine en 4mn36s sans encombre.
L3, et oui maintenant je prends la direction de la SP3 que j’ai reconnu la veille, comme les sensations sont encore là et qu’il y a 2 petits coups de cul à monter je parts le couteau entre les dents j’attaque partout, je frôle la correctionnelle en rasant un arbre avec mon petit doigt de la main gauche mais ça passe, OUF, je suis en bas en 9mn38s.
Retour au paddock, première boucle de 32 km faite, j’ai 2h15 d’avance sur la porte horaire, je vais direct au camion pour manger et me changer, surprise en m’habillant je vois du sang qui coule mais je ne sais pas d’où, je regarde ma tête mes bras les jambes rien, aucune douleur, c’est louche, en fait j’avais le petit doigt qui pissait le sang, en rasant l’arbre je me suis arraché un gros bout de peau à travers le gant et comme j’ai des mains de mécano avec beaucoup de corne, résultat je ne sentais rien, bon tant pis, pas le temps de se soigner, j’ai mis mon gant, ça épongera et ça s’arrêtera bien de saigner à un moment, de toute façon il pleut toujours, donc go.
L4, me revoilà parti, au programme 44 km dont 18,5 km pour rejoindre la SPÉ 4.
Au bout de 2h30 de montée j’arrive enfin au départ, la pluie et le vent ont forci, je ne m’attarde pas je mets mes genouillères et j’y vais. Mais là, contrairement à la boucle une les sensations et les reflex ne sont pas les mêmes, et PAF premier OTB, je repart énervé mais je me ressaisis pour prendre un rythme moins élevé mais propre, enfin j’essaie, content d’être enfin arrivé et surtout ravi d’avoir fait cette SPÉ que je qualifierais de magnifique dans un sous bois avec de la terre meuble et agréable à rider en 9mn31s.
L5, nous rejoignons le DFCI par un chemin magnifique qui surplombait une petite gorge, je peux vous dire que j’ai eu le temps de l’apprécier, car on passait une petite rivière en escaladant un rocher, sans prévenir, PAF deux grosses crampes à l’intérieur des cuisses qui m'ont bien occupé 10 mn, pour finalement passer et ne plus revenir. J’arrive tant bien que mal en haut de la SPÉ 5, je parts direct en pensant aller vite car c’était le 3ème gars que je doublais, et là j’entends parler en allemand, je me dis s’est le mec que je viens de doubler qui maronne, non non, je vois 3 jeunes fous qui arrivent pleine bille à mon cul, je me pousse tout naturellement, et je me mets dans la roue du gars qui passe à font dans les rochers glissants qui saute tout et moi naturellement je le suis à font mais pas longtemps car les deux autres veulent être derrière leur pote. Je me mets vite fait sur le coté car ils hurlaient RAAHHOUSSSSS ou un truc du genre de plus en plus fort, on se serait cru dans un remake de la GRANDE VADROUILLE, moi comme un con je les suis mais vu la vitesse qu’ils mettaient, j’ai préféré rouler à mon niveau de vieux et arriver entier, j’en fini en 9mn38s.
Le problème c'est que vous roulez avec des gars comme moi qui font tout d’un coup et il y a les VAE et les relayeurs qui font une boucle donc ils sont plus frais, sauf que les VAE que tu doubles dans les descentes, te doublent dans les montées sans forcer et qui te disent à chaque fois "aller les gars c'est super ce que vous faite courage courage" mais greugneugneu, fermes ta gueule, t'as envi de leur dire, mais comme tu es poli, tu dis MERCIIII, connard mais ça s’est dans ta tête.
L6, bon revenons à nos moutons, je remonte vers la SPÉ 6 pour attaquer aussi sec la descente.
Alors celle-là, du marteau piqueur pendant 5mn03s, imaginez-vous des lignes droites de rochers en ardoises bien glissants en dévers, puis virages à 180° ainsi de suite jusqu’en bas.
Maintenant je reprends la direction du paddock 8km de plat environ pour rejoindre OLARGUES en mode routard, on est 4 à se tirer la bourre et je me dis plus vite tu seras arrivé et plus tu auras de l’avance sur les portes horaires, alors moi je vice, résultat, je les ai fait péter un par un pour arriver seul avec 1h30 d’avance sur la porte horaire, je pense être large.

Une fois arrivé, il est 13h30, ma chère et tendre m’attend avec le ravito, soupe chaude, sandwich etc ….
Pendant que je me change, elle remplie le CAMEL back, elle m’aide à me déshabiller, bref une vrai organisation d’écurie de formule 1.
L7, me voila reparti au bout de 15mn pour la 3 ème boucle 33 km, maintenant on passe aux choses sérieuses, l’objectif l’EPIC D’OR mais pour ça il faut passer la dernière porte horaire.
Je remonte par la piste de la liaison une pour rejoindre la SPÈ 7, mais là je n’ai plus le même rythme, à ce moment là, je me dis que je vais commencer à regarder la montre, j’arrive en haut de la SPÉ 7, je me prépare, je me concentre, top j’y vais, curieusement mes sensations reviennent, je rattrape 8 gars environ, je n’ai fait aucune erreur de pilotage en plus cette SPÉ était magnifique à rider, j’en fini en 8mn27.
L8, content et avec la banane, je repart direction la spé 8, cette liaison c'est celle que j’ai trouvé la plus dure et pour cause je n’avais plus de jus là, ce fut une alternance, de, je fais à pieds, je monte sur le vélo jusqu’en haut bref un vrai casse pâtes, en plus un gars me dit tu vois le pilonne électrique la haut, et baaaa, c'est là où on va.
Arrivés au sommet, je demande aux bénévoles, combien de temps pour la montée, ils me disent, HOOO, au moins 1h en montant bien bien, pourquoi je demande ça, et bien ma porte horaire est à 17h30 et il est 16h15, donc j’enquille aussi sec cette descente où je me mets à doubler tous les mecs qui m'ont doublé dans la montée, mais là, j’ai frôlé la correctionnelle en arrivant à MACH 12 dans un merdier de rochers dans un sous bois glissant, pour le coup là, je n’avais pas, du tout, un beau style, j’ai fini sur la selle les jambes écartées comme un bozo. J’arrive enfin en bas sans casse, ce qui ne fut pas le cas pour d’autres, il y a eu beaucoup de crevaisons ou autres problèmes, mon temps 9mn46s.
L9, je ne m’attarde pas, je me fais cette putain de dernière montée pour atteindre cette dernière porte horaire, mais c’est pas gagné, il me reste 45mn or le gars m'a dit il faut 1h par la route mais, il m'a dit aussi, si vous passez par le chemin forestier, il faut plus, bref on a des infos un peu aléatoire.
J’attaque donc la liaison de la mort, ouf de la route, je me mets en mode routard, roule roule, Franck et sers les dents tu vas l’avoir, mes espoirs sont de courte durée. On fait un peut de route et PAF le chemin forestier, vite descends de velo et courts FORREST, mais mes guiboles me disent, hé kiki, qu’est ce que tu fais là, on va vite te rappeler que ça fait environ 12h que tu nous sollicites alors tu vas marcher comme tout le monde, alors je me fais une raison et je pousse encore ce satané bike.
A ce moment là, nous sommes environ une dizaine sur ce chemin à ce dire, on va passer à la trape, personne ne parle, tout le monde baisse la tête, et on pousse et on pousse, sans aucune pause, pendant ce temps là, ces putains de VAE passent sur leur bike en rigolant et en nous demandant de nous pousser, mais nous là on rigole pas on a tous la même pensée, mais tombe dans le buisson bordel et ferme ta gueule. Un autre VAE arrive comme les autres, sauf que lui fait le mariole avec le casque au bras, il me double et veut passer et PAF BADABOUM, il bascule dans le buisson les 4 fers en l’air, ALLELUIA, nous tous mort de rire, et en bref on l'a laisser en plan de toute façon, je n’aurais pas eu la force de relever son tracteur, je vous rassure il n’avait rien, il était mort de rire aussi.
Après ce moment de joie de courte durée, retour à la réalité, où est cette porte horaire, ça fait bien 35 mn que l’on monte et toujours rien, un relayeur nous double et nous dit hoo les gars, je crois que s'est mort pour vous, j’ai le moral dans les chaussettes, sauf que là je me dis, putain 6 mois d’entraînement pour rien, aller Franck vas-y quand même, on ne sait jamais, et là je vois une jeune fille à pieds qui nous dit, si vous ne lâchez rien vous êtes la-haut en 5min, il était 17h22 donc calcul vite fait moins de 8 min, après s’est cuit. Le gars à côté de moi qui pédalait carré, comme moi, me dit « elle est marrante 5min j’suis mort moi » et on se met à accélérer comme des fous mais pas bien longtemps. Sur un sursaut de folie, je descends les dents pour moins mouliner, en prenant le risque de m’éteindre avant le sommet. Pour enfin arriver au graal dans la douleur à la limite du malaise mais dans les temps, hourra. Maintenant, grosse pause bien méritée, imaginez une vingtaine de mecs en train de se congratuler on a réussit, on se dit bravo, le problème, il reste 2 spéciales pour finir, entier si possible, car la dernière, tout le monde la redoute c’est la plus longue et la plus technique. Je termine la liaison 9 tranquilou.
J’attaque la SPÉ 9 qu’on peut qualifier sans intérêt, très courte, entre les arbres serrés et un passage de rochers où tout le monde était à l'arrêt, un bouchon créé par un gars qui n’a pas jugé bon de se pousser, du coup, on s’est agglutiné dérière comme des randonneurs. Ce qui m’a certainement couté la 4ème place, car je ne savais que j’étais si bien classé, sinon j’aurais fait comme les deutch, j’aurais hurlé, mais n’ayant pas de boule de cristal, voilà.
L10, direction petite liaison avec portage final dans un sous bois, et s’est parti pour la machine à laver finale. On attaque par une descente avec des virages et des rochers immondes avec au milieu un semblant de pédalage où tu escalades des rochers pour t’emmancher dans une partie encore plus pentue, très engagée où tu te demandes où tu vas passer, soit tu rattrapes sans pouvoir doubler et tu as un gars qui arrive derrière toi avec un maillot du club local qui connait les coupes et qui double tout le monde, trop facile. Et toi, normal, tu essaies de prendre la roue et tu rattrapes naturellement ceux de devant, lui passe mais pas toi, résultat OTB, ma tête a atterrie direct sur un rocher, je me relève tout de suite un peu sonné pour finir dans une série d’épingles immondes.
Me voilà arrivé, sans encombre, et pas trop de bobos en 15mn51s. Retour au paddock 6kms de plat et là, je m’aperçois que la manette de mon dérailleur est cassée, vitesse bloquée à mi cassette, bravo.
Le dernier Km avant d’arriver sur le site tous les spectateurs sur le bord de la route t’applaudissent, ça fait chaud au coeur. Et encore plus, quand tu y vois ta femme et ta fille. Tu rends ta puce, c’est le clap de fin, le gars me dit, tu es 4ème master au classement provisoire sur 20 arrivés. Même si c’est provisoire, suis content de ma performance, les larmes me montent, je craque quoi, un peu, la pression redescend, t’es entier et en plus t’es dans le top 5 provisoire, trop cool.
Conclusion, j’ai vraiment fini 5ème au classement MASTER1, j’attends avec impatience le général, c’est vraiment une course à part, et pour cette raison on l’appelle l’enduro le plus dur du monde, dans tous les sens du terme, physique, mental, et stress max … .. J’en suis encore tout émus.

A+ Francky
Ajouté le 23/04/2019 par FRAncky - 0 réaction


