Je pourrais vous dire que l’on ne s’est pas gelé les miches, en même temps ce n’est pas faux, mais ce n’est pas totalement vrai non plus.
Je pourrais vous dire que c’était long, que l’on s’est tapé 1400m de D+ en 29 km de sortie, que c’était dur, mais ce n’est pas vrai, mais ce n’est pas faux quand même.
Je pourrais vous dire que l’on avait tous une banane énorme, ça, par contre, c’est totalement vrai.
C’est parti du parc de ST PONS, on pensait avec Francky être peu nombreux vu le froid qui nous gelait les mains et nous tailladait les oreilles.
On savait que le petit Théo était sur la touche avec Romain, la faute à : « j’ai perdu l’avant et je me suis couché ».
Mais en fait on a eu un groupe comme rarement on a été, une météo comme rarement on l’a eu, des paysages et des couleurs comme jamais.
Du Parc de ST PONS , certains y verront un symbole, d’autres y verront un simple point de départ, tout dépend d’où on se place, on s’est attaqué à l’Espigoulier par la route.
C’est à la septième minute que, Théo, le grand, a fait remarquer que ce matin sur L’Espigoulier, il n’y avait aucun routier, d’habitude, on prend un roue, mais là rien, pas un mollet rasé caché sous une paire de jambière pour tâter le terrain.
Et ce groupe un peu spécial s’est mis en mode foncier, non pas que l’on cherche un terrain à acheter, vu que le club investit à tout va en ce moment.
Oui, que je vous tienne au courant un peu des investissements, parce que c’est un peu mon job…..
Ayé, nous sommes propriétaires d’un camion de marque Renault, modèle TRAFIC, de couleur bleue, muni de 9 places, payé CASH s’il vous plait, et sur le point de subir une préparation digne de la dernière renault de RAGNOTTI. Oui, parce ce que le TRAFFIC il est de la même époque et que quand il sera fin prêt, il sortira au bas mot 280 CV avec boîte séquentielle et freins céramique, pas moins.
De là, pour filmer les prochaines reconnaissances des spéciales, et vu que notre caméra était un peu flagada, nous nous sommes munis d’un GoPro HERO 5 avec son dolby surround, wifi, stabilisateur, grand angle, 4K et j’en passe encore.
Alors là mon Francky il va, je pense, remplacer l’autre qui s’est fait virer des golden globes pour harcèlement. Oui bon, ce sera un autre genre de harcèlement. D’ailleurs Owen, un des derniers inscrits au club il a pris contact avec un avocat et un psy car il trouve que le Francky le harcèle à la montée avec ces récits de coupe de France de descente de 1992 à ….. pour l’heure, il a arrêté de lui raconter en 1996. Il reste un bout. Mais Owen écoute, et les conseils de Francky c'est en compet que ça ressort le mieux.
Le hic parce qu’il y en a un, c’est que le machin chose qui sert à monter les films chez tonton Francky il est tout juste assez puissant pour faire les montages des films avec cette nouvelle GoPro, de là à ce qu’il me dise qu’il lui faut une nouvelle pomme il n’y a pas loin.
Voilà, du côté de nos investissements.
Du côté des protagonistes de ce jour pour essayer cette GoPro, il reste Florian, Eric, Steph, Owen, Théo (attention celui que l’on appelle petitcolas), le cinéaste Francky et Bibi.
Au sommet, le vent s’est bien levé, si tu t’arrêtes tu recules, alors pas d’arrêt sur la traverse pour aller choper une spéciale qui part sur l’autre côté de la Ste Baume direction Nans les Pins.
C’est un truc à la Petitcolas…. Comme spéciale, technico-commerciale qu’il a dit le jeune.
C’est sûr, prenez une descente où tu tiens pas debout, saupoudrez moi tout ça avec des pavés et vous verrez ce que ça donne. J’ai pas fait 50m que je finis couché sur le côté. De toute façon il n’y a pas le choix, c’était ou couché ou planté dans un arbre façon clou.
Mais cette spéciale a 2 facettes, la seconde n’est pas un diamant brut, c’est une pierre précieuse qui te fait briller la rétine comme une femme qui mate la bague du jubilé chez Pellegrin, un truc sur aiguille de pin qui s’avale à mach 12.
On a bien compris que c’était commercial, le début super technique, la fin du billard, c’est sûr qu’arrivé en bas, tu regardes le Théo droit dans les yeux, et tu signes ce qu’il te tend sans broncher même si tu en prends pour 35 ans de prêt.
Il a tellement tout bien prévu ce gaillard qu’à la montée, il y aura même la fontaine pour refaire le plein d’eau, du grand art.
On attendait juste madame petitcolas en haut avec quelques copines de l’école de kiné histoire de nous détendre, mais non, juste un vent de dingue qui nous glace les os.
Une seconde spéciale nous amène au clou du spectacle. Je veux dire par là, la petite bergerie abandonnée au milieu du champ à Plan d’Aups, entourée des tous ces chênes aux couleurs chatoyantes et lardé de soleil. C’est beau hein comme descriptif ? Oui je sais on mettra ça dans le dépliant des stages.
La remontée l’est moins, enquille la route, applique la méthode de je fixe le dérailleur de devant pour ne pas se prendre un vent par les jeunes et roule.
Dur remontée pour se jeter, il n’y a pas d’autre terme, dans la troisième spéciale qui nous ramène à la bergerie. A mon avis il a décidé d’en faire son camp de base le père Théo.
Vous allez dire que j’abrège, mais en fait, ça va tellement vite que je n’ai même pas eu le temps de me faire des souvenirs.
Le hic c’est que les jeunes y faut suivre, ils n’amusent pas la galerie, nous derrière les 4 vieux suivent mais à la différence des 3 jeunes, on ne parle pas. Mais les djeun's ils apprennent vite, j’ai Florian agrippé sur mon dérailleur pour remonter au départ des glacières, il a vite compris « bijou » que planqué derrière une armoire à glace on forçait moins face au mistral.
Là, devant, ça cause figures de style avec des borborygmes incompréhensibles pour le commun des mortels non initié.
Mais, c’est après la remontée et sur la spéciale des glacières que ça va se corser pour de bon.
Dès le départ, au bout de 500 m Owen se sort, et à la différence de nous quand ils se sortent les jeunes, c’est un peu comme au baseball, ça sort du stade, passe par dessus la palissade et c’est limite si on n’a pas lancé un avis de recherche.
C’est reparti, et là rien à voir avec le billard d’avant, c’est sec rocailleux, crevassé comme les mains d’un carreleur de terrasse, bref, on perd un peu de plaisir par rapport aux aiguilles de pin.
Il nous manque Eric ? Non, même Eric voit son niveau grimper en flèche vers le haut, et à chaque arrêt il a la banane de tout passer sur son vélo.
Mais là, j’aurais droit à du grand art des Colas petit et grand. Le Grand Colas me dit : « il y a la dalle, reste derrière moi, tu vas voir ça passe crème ».
Arrivé sur la dalle, je me retrouve avec le petit Colas qui me dit « à gauche », le grand Colas qui dit à « droite, reste à droite », bref, ils font tout pour perdre le chaland tant et si bien que je stoppe net sur le toboggan les laissant arguer chacun de leur côté.
M’en fous, de toute façon, là, même si cela ne se voit pas sur mon visage, je suis aux anges.
J’ai le petit Colas qui me colle aux basques en me hurlant dessus ce qu’il faut faire ou pas, façon copilote de Ragnotti. Moi à fond, lui à mi régime.
Vous savez quoi ? Je n’aurai échangé ma place pour rien au monde dans cette sortie.
Je pense qu’elle rentre dans le top 3 des meilleures que l’on a faite depuis la création du club. Les jeunes nouveaux sont au top, techniquement c’est sûr, mais dans leur esprit c’est encore mieux.
Que dire alors des marcheurs qui nous disent au départ des glacières : « vous êtes un club ? Parce que c’est mieux quand c’est un club, il y a plus de respect, ça se sent, vous respectez les autres et la colline ».
Tu parles qu’on est un club, un club où les sorties n’ont pas de prix mais où tu repars avec des étoiles pleins les yeux.
la vidéo
Ajouté le 13/11/2017 par Bertrand - 0 réaction


