Je sors de l'hôtel qui est en face du départ, à ce moment la pluie pointe le bout de son nez, je me mets dans le camion et j'attends le dernier moment pour me mettre dans la grille de départ.
Le départ de la vague une est lancé avec des fumigènes comme à chaque départ de cette course mythique, c'est donc parti pour une première grimpette de 55 mn environ, je décide de partir pas trop fort car la route va être longue, mais arrivé la haut j'ai regretté puisq'au départ de la première spéciale, il y avait une queue de folie pour partir dans la descente, d'habitude ils font partir toutes les 5 ou 10 s, mais là on part toutes les 20/25 s, donc résultat 20 mn d'attente environ et moi je sais ce que cela engendre derrière, en cas de problème méca ou de coup de moins bien physique, EEET BAAA un retard sur ces portes horaires.
SP1 :
Je pars enfin tout gelé d'avoir attendu, c'est parti dans un sous bois pentu et détrempé en slalomant autour des arbres, les racines humides, pour l'autre partie c'est un enchaînement de lignes droites et de virages à MACH 12
OUF, je suis arrivé sans encombre avec quelques petites frayeurs, car le vtt faisait des embardées d'un mètre de temps en temps surement à cause de racines que je n'avais pas vu, AAH oui j'ai oublié de dire il faisait nuit noir, j'avais une lumière sur le casque et une sur le guidon.
Liaison 2:
Me voilà parti direction SP2 sur un chemin large qui roule bien, je commence à me réchauffer, le jour se lève gentiment, arrivé à dix mètre du départ de la SP1 et oui ce DFCI je sens que l'on va en avoir une overdose puiqu' on va le remonter une paire de fois
SP2 :
J'attaque cette spé serein puisque je la connais des autres années, donc bille en tête, me voilà dans les premiers virages mais à ce moment là j'ai de la buée dans le masque et avec ma lumière qui éclaire sur le sol ça me fait comme une réverbération, impossible de voir où je vais, donc je m'arrête pour le retirer et le mettre au bras, je repars à fond sans trop réfléchir, pour arriver dans une grosse dalle glissante, aller je passe à gauche car à droite ily a les buissons, mais lorsque j'arrive pour prendre ma trajectoire, je vois un gars qui c'est étalé dans cette dalle hyper glissante, donc je prends à droite, HEUUU ce n'est pas la bonne option, mais trop tard, le signaleur vois un FRANCKY volant taper un arbuste et ce catapulter dans les abîmes de la forêt, me voilà la tête dans les branches à 2 mètres de mon bike, je remonte le chercher il m'attend bien sagement tenu par deux branches que le signaleur sympa a enlevé et me remet le vélo dans le sens de la pente parfaitement même trop parfaitement, car au moment de remonter dessus, me voilà parti avant le vélo car j'ai eu le malheur de poser le pied sur la dalle et me voilà parti en mode tout schuss avec le vtt qui me suis car le signaleur l'avait laché, enfin bref je repars dans cette spéciale hyper glissante, pour arriver dans un sous bois, j'ai perdu du temps mais je n'ai rien cassé dans ma chute.
Liaison 3 :
Cette liaison commence à suivre un petit ruisseau très joli, mais plus on monte et plus c’est pentu et glissant, moi j'ai du mal avec un vtt à 13 kg mais les gars en VAE heu, galèrent car leur vtt pèsent près de 20 Kg bon je ne vais pas les plaindre non plus, mais le problème on attend qu'ils puissent monter pour que avancer alors tu te tapes une séance fractionné pour les doubler, qui vont laisser des traces pour la suite, on arrive enfin sur chemin large et là je vois l'heure qui tourne, hooo putain là, j'ai perdu du temps aller franck envoie les watts pour rejoindre la SPE 3, j'arrive enfin et je pars direct.
SP3 : celle-ci et très joueuse et simple pas de difficulté particulière, à part des séries de rochers rapprochés qui peuvent t'arracher ton dérailleur.
Liaison 4 :
Très courte on est vite en haut de la SP4
SP4 :
Un enchainement de virages ludiques, avec des virages serrés en dévers
Arrivé au PADDOCK au bout de 5 h il est 9h30 passé, ma porte horaire est de 10h10 d'habitude j'ai 1h30 d'avance sur les autres EPIC mais la Franck tu n'es pas bien du tout, bon allez change toi refais le plein de bouffe et d'eau dans le sac et repars direction liaison 5.
Liaison 5
Celle là va être longue, 14 km, ça commence par une montée sur la route de 5 km environ puis on pousse le vélo pendant 1h30 et la partie finale est une alternance de montées descentes très roulantes, j'arrive au bout de près de 2h30 de montée, je ne m'attarde pas je file dans spé 5.
SP5 :
Rien d'autre à dire si ce n'est que ce sont 18 mn environ de marteau piqueur, des pierres, des dalles, des pierres et des dalles, j'arrive en bas avec la tête qui ne s'arrête pas de bouger tellement cela tapait
Liaison 6 :
Pas très longue mais casse pattes, car je vois que je ne vais pas passer la porte horaire, comme on dit les carottes sont cuites, je fournie un dernier gros effort à me faire vomir pour y arriver mais sans résultat, mais je n'étais pas le seul à faire ça, on était plusieurs dans le même cas, me voilà au départ de la SP6 un peu déçu
SP6 :
Aller Francky c'est ta dernière spé fais toi plaisir lâche tout, je pars bille en tête dans des séries de rochers et de dalles avec un peu de terre, arrivé vers la fin on enchaîne dans un lit de rivière avec des grosses marches, je saute tout aller tant pis si tu crèves ou tu casses de toute façon c'est ta dernière et à ce moment là j'ai des crampes à l'intérieur des cuisses, mais bon je suis arrivé, pour filer direct à la porte horaire, et prendre ma sentence.
Je me pointe, au point, la tête basse très déçu, il est 13h30 et je devais être à ce point à 13h10, et LÀ le gars nous dit on a avancé la porte horaire, à ce moment là, je me sens pousser des ailes la motivation revient, je regarde l'heure, la prochaine porte horaire est à la fin de la boucle au paddock à 15h10, je ne m'engrène pas non plus, je bois je m'alimente, pour enlever ces crampes, puis je monte à la même allure jusqu'en haut
SP7 :
Je ne perd pas de temps car je sais qu'il y des relances dans cette spéciale et qu'elle est pas mal longue
J'arrive enfin au paddock en me mettant chiffon carpette sur la liaison sur la route qui m'amène au paddock pour faire valider ma boucle, il est 15h10 et je devais être là à 15h10
Liaison 8 :
Je prend 10 mn pas plus, pour refaire le plein du sac pour manger ou plutôt bouffer des pâtes et surtout je fais le plein d'eau à bloque car je vois le soleil qui commence à taper donc je ne veux pas me déshydrater car je sais que cette dernière boucle va être longue, d'ailleurs j'ai vu des gars qui avaient une petite sacoche et un petit bidon qui me doublaient et que moi j'étais tel un sherpa qui monte L'HIMALAYA, j'avais tout pour me nourrir au moins 15 jours et de quoi réparer 15 vtt, donc me voila reparti à 15h20 environ direction SP8 tout en sachant que la dernière porte horaire me va m'être fatale, mais j'y crois on sais jamais si j'ai les jambes à la TADEJ POGACAR qui se réveille en moi.
Je me dis que peut-être qu'ils vont décaler une nouvelle fois les portes, l'espoir fait vivre .
On remonte par la liaison une, de ce matin, je sais que je pars au moins pour 1h15 mais là je n'est plus d'énergie, au bout de 15 mn de montée je sens une petite pointe sous le pied, en fait je sens les vis de mes cales qui ont cassé la semelle à l'intérieur de la chaussure, les nombreux portages on eu raison de mes chaussures, j'arrive enfin au départ de la SP8.
SP8 :
Je pars de cette crête avec un vent de folie, cette spéciale HEUUU comment dire là chaude, dangereuse bref il n'y a pas de mots, car du début à la fin tu es en apnée et tu attends de t'encastrer dans un des nombreux arbres au milieux des rochers pointus qui t’attendent de te réceptionner, j'arrive enfin en bas, en me disant et ba Francky tu es en un seul morceau t'es trop fort, BAAA oui à ce moment là tu te félicites pour te motiver.
Liaison 9
Cette liaison je l'ai trouvé super longue alors que l'on est passé 3 fois par là, à ce moment je n'ai vraiment plus de force alors j'alterne poussage de vélo, pédalage, poussage de vélo, pédalage, j'ai le pied droit en feu avec la vis qui me rentre dans le pied et je ne veux pas m'arrêter pour ne pas perdre de temps, alors souffre en silence et avance, avance, j'arrive à l'interception de la porte horaire d'où je dois repasser après la SP9, et là j'ai le gars de l'organisation qui me dissuade de ne pas faire la spé 9 car vu l'heure de mon passage je ne passerais pas la porte horaire, donc ça ne sert à rien de continuer, alors je lui ai dit, écoute moi bien, je vais continuer, je vais faire cette spéciale 9 et après je remonte te voir, et là c'est toi qui me dira que je suis hors délai donc tu m'arrêteras, mais je n'abandonne pas, c'est vous qui m'arrêterez, bon à ce moment là je commence à ne plus être trop lucide, donc je continue mon chemin jusqu'à cette sp9 la dernière pour moi.
SP9 :
Bon celle là j'ai de vagues souvenir de rochers, nombreuse relance, sous bois enfin un mix de tout, j'arrive en bas debout sans être tombé.
laison 10:
On attaque par un portage sinueux dans une forêt EEET encore un portage, là je vois les mecs de la 3 ème vague qui me doublent et qui essayent d'aller chercher la porte horaire car eux sont encore dans les temps enfin c'est ce que je croyais, car je me suis retrouvé tout seul sur un DFCI À ROULER, ROULER, ROULER et curieusement j'ai un regain d'énergie, j'ai de nouveau la pêche, alors je roule comme un fou dans le vent et la pluie qui forcie c'est presque la tempête, j'arrive enfin à la porte horaire il est 19h30 cela fait 15h20 que je suis sur le vélo, je ne sens plus mes fesses, mon pied est en feu, bref le bonheur, et là, les gars sortent tous des camions pour m'accueillir, ou plutôt m'achever en pointant ma plaque et me dire hors délai, mai au final ils m'ont tous félicité pour mon courage d'avoir continuer jusqu'au bout, on a checké, et je suis vite descendu au paddock sous la pluie par le DFCI que je connaissais par coeur, mais je me suis fait un petit plaisir en passant par la fin de la SPÈ 4.